EU FoRB Day – Un appel au renouvellement du mandat de l’envoyé spécial pour la liberté de religion ou de conviction en dehors de l’Union européenne

Il y a sept ans, le Conseil des affaires étrangères adoptait les lignes directrices de l’UE sur la liberté de religion ou de conviction (FoRB). Aujourd’hui, la communauté qui œuvre pour la liberté de religion ou de conviction célèbre de manière informelle la “Journée FORB de l’UE” et la société civile saisit cette occasion pour demander le renouvellement du mandat de l’envoyé spécial.

En avril dernier, la Commission n’avait encore pris aucune décision sur l’avenir du mandat de l’envoyé spécial, qui avait pris fin le 30 novembre 2019.

En janvier 2019, le précédent parlement européen avait pourtant, dans une de ses dernières résolutions, apporter son soutien à ce renouvellement. Nonobstant la crise de la COVID-19, l’hésitation de la Commission envoie un signal aux Européens et à la communauté internationale sur sa réticence à continuer à promouvoir ce droit fondamental et ce, malgré les lettres émanant des députés européens et de la société civile demandant le renouvellement du mandat,

La liberté de religion ou de conviction est inscrite dans l’article 9 de la Convention européenne des droits humains et dans l’article 18 de la Déclaration universelle des droits humains. Elle protège le droit des individus à pratiquer la religion ou la croyance de leur choix, ou à n’en pratiquer aucune – une liberté qui est menacée dans de nombreuses régions du monde.

Dans ce contexte, le rôle de l’envoyé spécial est très important.

Le mandat a eu le temps de montrer qu’il s’agit d’un outil efficace dans l’arsenal diplomatique de l’UE. En cette date anniversaire, en 2013, les États membres de l’UE avaient approuvé les “Orientations de l’UE pour la promotion et la protection de la liberté de religion ou de conviction” qui constituent le cadre politique du mandat de l’envoyé spécial et sont des outils essentiels pour promouvoir la liberté de religion ou de conviction dans les relations extérieures de l’UE et dans la coopération internationale et le développement de l’UE. 

Dr Figel a soutenu la mise en œuvre de ces lignes directrices, en effectuant 17 visites officielles dans un large éventail de pays. Pendant son séjour, l’envoyé s’est entretenu régulièrement avec les autorités et les institutions nationales, la société civile, les organisations de défense des droits humains, ainsi que les communautés et chefs religieux.

Par exemple, Asia Bibi, qui a passé des années dans le couloir de la mort au Pakistan, inculpée sans fondement de blasphème, a reconnu l’importance du rôle de l’envoyé spécial dans sa libération, lors de sa première apparition publique après sa mise en liberté. De même, le ressortissant tchèque Petr Jašek, qui avait été emprisonné aux côtés de deux pasteurs soudanais, a également reconnu le rôle du Dr Figel dans sa libération.

La clé de ce succès est la manière dont l’envoyé spécial de l’UE est considéré comme un intermédiaire neutre par de nombreux pays, ce qui a joué un rôle essentiel en favorisant le dialogue entre des acteurs opposés. En conséquence, la Commission européenne a envoyé un signal fort à tous les partenaires internationaux et multilatéraux quant à l’efficacité et aux résultats concrets que l’envoyé spécial a apporté non seulement à l’UE mais aussi à l’approche internationale au sens plus large des droits humains. Ne pas renouveler le mandat enverrait des messages contradictoires et reviendrait à renoncer à quatre années de travail constructif.

Aujourd’hui, alors que la communauté FORB commémore le septième anniversaire des orientations de l’UE en matière de FORB, l’UE devrait honorer ce poste diplomatique fructueux en renouvelant le mandat ; elle le doit à elle-même, aux États membres et à ses pères fondateurs, dont les principes de dignité humaine et de bien commun sont toujours d’actualité dans la promotion continue de la liberté de religion ou de conviction.

Par Alessandro Pecorari, Europe Liaison Officer, CSW